03 octobre 2017

Ciergerie Blanchet à Alby sur Chéran

Journée du patrimoine : ciergerie Blanchet à Alby sur Chéran (aujourd'hui propriété de la commune d'Alby).
La visite est l'occasion d'un bond dans le passé et une formidable approche d'un métier méconnu et de tous les savoir-faire qu'il nécessite.... 
Le temps s'est arrêté en 1985, quand le dernier ciergier, André Blanchet a cessé son activité... On pourrait croire qu'il vient de quitter son atelier: tout est resté en l'état...
Petit plus: la visite est faite par les descendants d'André Blanchet qui partagent avec passion le souvenir de ces lieux..

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20 avril 2014

Thermes Nationaux d'Aix les Bains...

Depuis l'Antiquité, les bâtiments des thermes nationaux n'ont cessé d'évoluer et de s'agrandir. Les premières constructions datées par les archéologues remontent à la fin du Ier siècle de notre ère et au début du second. Les bâtiments thermaux furent abandonnés au Ve siècle de notre ère et les pratiques thermales ne furent poursuivies, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, que dans les ruines des piscines romaines, ou dans des aménagements sommaires près des sources.
En 1772 , la venue du Duc de Chablais entraîna la prise de conscience de cette richesse naturelle et donna naissance à un projet royal de bâtiment de bain. Inaugurés en 1783, les thermes Victor Amédée furent rapidement sous-dimensionnés et une première annexe fut achevée en 1832, sous le règne du roi Charles Albert, dont elle prit le nom.
Après l'essor du thermalisme de la période de l'Empire, de nouveaux besoins en bâtiments se firent sentir et, dès 1855, on étudia la construction d'un nouvel établissement thermal. Les travaux confiés à l'architecte Pellegrini ne furent achevés qu'en 1862, sous le second Empire, suite à des problèmes financiers.
Ce nouveau bâtiment fut complété dès 1881 d'une première annexe, l'annexe Revel, bientôt suivie d'une seconde, l'annexe Lecoeur, achevée en 1899.
Après une longue pause seulement entrecoupée de travaux de modifications de l'existant, une nouvelle phase de construction importante fut commencée en 1933 avec les thermes dit Pétriaux qui augmentait considérablement la surface bâtie.
Enfin, entre 1971 et 1974, une dernière phase de constructions fut entreprise. Sous les ordres de l'architecte Mabileau, on suréleva le bâtiment Pétriaux et l'on construisit un tour administrative de 7 étages.

Classé MH partiellement :Thermes antiques (cad. 1979 CD 31) : classement par décret du 9 août 1921 ; façades et toitures de l'ancien bâtiment royal et des thermes de Pellegrini, le hall d'entrée et les deux cabines de luxe avec leur décor des thermes de Pétriaux

Source : http://www.patrimoine-aixlesbains.fr/


Actuellement, les Thermes sont laissés à l’abandon… alors qu’ils recèlent des trésors…

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Façade Arts déco classée
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Piscine des Thermes Pellegrini
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Entrée de la buvette des Thermes Pellegrini
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Berthollet des mains
Brevet déposé...



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Baignoire de l'Agha Khan
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Hall desservant les cabines de soins
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Mosaïque du hall Pétriaux
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03 décembre 2011

Pour le Francoprovençal comme option au bac. Pétition

Pour le Francoprovençal comme option au bac.

En effet les Bretons, les Basques, les Alsaciens ont le droit de présenter leur langue régionale au bac, pas les Savoyards, ce qui est bien regrétable, car le Francoprovençal ne se parle pas qu'en Savoie mais aussi en Suisse (Vaud, Fribourg, Valais) et en Italie (Val d'Aoste, Piémont), c'est donc toute l'entité alpine qui est niée. Le Francoprovençal est reconnu au niveau européen et par le Ministère de la Culture en France, et pourtant il n'est pas reconnu par le Ministère de l'Education Nationale. C'est d'ailleurs la seule langue de France qui n'est pas reconnue. Charlène, cette étudiante (ainsi que deux autres élèves, il y a 2 ans), subit donc une injustice totalement inexpliquée et elle a écrit une courte et belle lettre que vous pouvez lire dans le lien ci-dessous. Cette pétition est pour la soutenir et soutenir une langue régionale qui se perd. Elle est présentée par son professeur de Savoyard, Marc Bron.


 Faites signer la pétition sur le lien ci-dessous et  faites suivre à vos contacts

Merci

http://collectifparents74.free.fr/petitions/index.php?petition=4

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17 novembre 2011

Langue Savoyarde

On l'appelle: patois, langue savoyarde, franco-provençal, arpitan... quelques appellations qui évoquent  la langue de nos parents et qui se meurt lentement au rythme du décès des derniers véritables locuteurs (ceux qui avaient cette langue comme langue maternelle...). Bien sûr, une part infime de la population savoyarde possède encore comme seconde langue: "le savoyard" et une autre part, plus importante certes, est capable de le comprendre mais sans pouvoir l'utiliser dans une conversation.

Quelques efforts sont faits pour sauver ce qui peut encore l'être, avec une prise de conscience (trop tardive) de la Région Rhône-Alpes. Mais la lente extinction de ce parler paraît irrémédiable.

Cependant, il convient de signaler, que pour quelques irréductibles Allobroges, le combat continue!

Quelques liens:

ban11

www.langue-savoyarde.com

arpitania_flag-forumArpitania

http://www.arpitania.eu

 

http://arpitania.forumactif.com

 

 

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21 septembre 2010

Histoire, culture...

Histoire, culture...

 Pour  faire simple un petit résumé en quelques dates des rapports de la France et de la Savoie.
1030: Humbert aux Blanches Mains comte de Maurienne reçoit la partie du comté du Viennois qu'il appellera la Savoie;
1416: le Comte de Savoie Amédée VIII devient duc de Savoie. Chambéry en est la capitale. Il devient Pape sous le nom de Félix V
image
Au cours du règne d'Amédée VIII  les Etats de Savoie s'étendent   du Léman à la Méditerranée de chaque côté des Alpes.
 image  Amédée VIII le Pacifique
1536: Les troupes de François Ier  occupent la Savoie.
1539: L'édit Royal de Villers-Cotterets est appliqué en Savoie. (Emploi du français dans les textes administratifs et judiciaires). Il est bon de rappeler que la mère de François Ier était:  Louise de Savoie fille de Philippe, duc de Savoie .

1562: Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert choisit Turin comme capitale afin de mettre sa capitale de l'autre côté des Alpes donc à l'abri des convoitises françaises.

1600: Henri IV entre en Savoie. Charles Emmanuel Ier cède à la France la Bresse, le Bugey...
1691: Les troupes de Louis XIV occupent la Savoie.
1713: le duc de Savoie Victor-Amédée II est promu roi de Sicile. et en 1718, il devient roi de Sardaigne.
1792: Les troupes françaises révolutionnaires entrent en Savoie, la Savoie devient le département du Mont-Blanc.
1815: La Savoie est rendue au roi de Sardaigne .
  • Le roi de Piémont Sardaine Victor-Emmanuel II se donne comme but de libérer les terres italiennes de la domination autrichienne et sollicite l'aide de la France. 
21 juillet 1858 : Entrevue secrète entre Napoléon III, et Cavour, président du Conseil du Royaume de Sardaigne, à Plombières (Vosges).

29 janvier 1859 : Signature du traité d’alliance entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne qui prévoit la création d’un royaume de Haute-Italie et la cession, en compensation, du comté de Nice et de la Savoie à la France.

3 mai 1859: La France déclare la guerre à l'Autriche. .
  juin 1859: Les alliés franco-sardes emportent les batailles de Magenta et de Solferino.
8 et 12 juillet 1859: Inquiet d’un enlisement du conflit, Napoléon III signe avec l’Autriche l´armistice de Villafranca le 8, puis un traité le 12.
24 mars 1860: Signature du traité de Turin qui prévoit le rattachement de la Savoie et de Nice à la France.
22-23 avril 1860: Déroulement du plébiscite. À la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France », le suffrage universel masculin sur 135 449 inscrits donne 71 bulletins nuls, 235 non et 130 533 oui .
Sources: Découvrir l'Histoire de la Savoie du Centre de culture savoyarde
et le site: http://www.150ans-paysdesavoie.fr/
  • Pendant près de 900 ans la Maison de Savoie  a été à la tête d'un Etat souverain qui a su être moderne:
-  au Moyen-Age: mise en place d'un système administratif de gestion des châtellenies ,
- au XVIIIème siècle: les propriétés sont cadastrées sur  la "Mappe" (le plus ancien cadastre d'Europe),
- rachat des droits féodaux sans étape révolutionnaire.
L'histoire régnante de la Maison de Savoie s'est achevée en Italie en 1946 de manière peu glorieuse suite à sa compromission  avec Mussolini.

D'un point de vue plus humain le sentiment d'être "Savoyard" perdure dans la population savoyarde "de souche" mais les importants brassages de populations de ces dernières décennies font que le particularisme culturel savoyard tend à s'estomper. Il appartient à tous les Savoyards de s'approprier l'histoire de leur région et de faire vivre ce qui reste de leur culture.

19 Février: Fête Nationale de la Savoie

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26 juillet 2010

Le traité d'Annexion de la Savoie suite...

Message de Me BONNARD (Avocat) concernant un article de ce blog qui faisait référence à la question posée par Yves NICOLLIN Député UMP de la Loire: 


Savoie le 23 Août 2010

Cher Monsieur,

Je me permets, tombant par hasard sur votre blog, de vous faire remarquer que la question est plus exactement de savoir si le traité est abrogé et non simplement caduc.

Il ne s'agit plus seulement, en effet de savoir, si les conditions du Traité de 1860 ont été respectées (elles ne le furent d'ailleurs pas...)

Il y a un Traité qui abroge "plein texte" cette annexion.

Le traité est-il annulé?

La réponse est encore plus évidente dés lors: oui!

Je me permets également de vous adresser la réplique que j'ai rédigée suite à la réponse gouvernementale parue au JO et que je vous remercie d'avoir mise en ligne avec la question initiale.

Votre bien dévoué

Fabrice BONNARD
Avocat

Réplique sous forme de commentaire critique en 14 points à la réponse officielle du gouvernement français à la question posée par Monsieur Yves NICOLLIN Député UMP de la Loire :
1. Cette réponse est symptomatiquement légère et de qualité très ordinaire. Elle demeure donc, en l’état, indissociable de la question qui reste très précise et, du fait de sa gravité et de sa portée historique et internationale, toujours extraordinaire.

2. Cette réponse officielle est d’évidence partielle puisqu’en particulier, elle prend soin d’éviter de répondre et même d’aborder la question explosive et principale de l’abrogation du Traité d’annexion de la Savoie par application des dispositions « plein texte » de l’article 44 §3 du Traité de Paris du 10 février 1947 (annexe II.1).

3. Le gouvernement français admet, officiellement et pour la première fois, que la Savoie n’a pas été déclarée à l’ONU comme territoire non autonome, annexé en vertu d’un traité international. Un Etat colonisé et caché, qui ne peut désormais plus le rester par l’effet inattendu d’un Traité international signé à Paris !

4. Il est donc précisé, à titre principal et en bonne place puisqu’à la fin de cette réponse officielle, que : des instructions ont « d’ores et déjà été données » (sic) par le Ministère des Affaires étrangères et européennes pour qu’il soit procédé, « dans les meilleurs délais à l’enregistrement auprès du Secrétariat de l’ONU » ! Cet empressement est d’ailleurs révélateur d’un embarras certain

5. Plusieurs erreurs manifestes et des raisonnements abscons émaillent et caractérisent cette réponse. Ils indiquent le souci extrême des services juridiques et diplomatiques. On notera à ce sujet et au passage, un changement d’affectation des ministères qui permit au service juridique du Quai d’Orsay de gagner un peu de temps pour accoucher d’une réponse qui n’a néanmoins pas pu étouffer correctement la difficulté soulevée, laquelle demeure donc entière (cf. les deux versions successives en annexes II.2 & II.3).

6. Ainsi la confusion volontaire et à trois reprises sur la date du Traité d’annexion du 24 mars 1860 (annexes II.4) et non du 26 suggère, là encore, une possible volonté de ralentir encore artificiellement le processus de régularisation inéluctable. Désormais et néanmoins, celui-ci est indubitablement en cours.

7. Le rappel de dispositifs en vigueur au sein de la SDN organisation disparue de longue date est tout bonnement risible car totalement anachronique et de nul effet.

8. Le cas de jurisprudence cité est hors sujet s’agissant d’une très ordinaire affaire de traité bilatéral de nature commercial. En ce qui concerne la Savoie et le Traité de 1947, il s’agit en revanche d’un traité de paix multilatéral, de nature géopolitique et engageant 21 états membres (dont 4 membres fondateurs et permanents du Conseil de sécurité). Le raisonnement analogique proposé est donc curieux, voire abstrus pour trois raisons : a / une interprétation extensive d’un cas unique et différent b/ une analyse du droit commun en vigueur à l’ONU alors que le Traité du 10 février 1947 et son article 44 sont fondamentalement spécifiques et y dérogent expressément c/ l’omission flagrante, en prime et en toute hypothèse, de l’article 102 §2 de la Charte de l’ONU qui prévoit bien une sanction…

9. « L'absence d'un tel enregistrement n'a aucune incidence sur l'existence ou la validité de ce traité »… Cette affirmation pour se vouloir centrale et péremptoire reste cependant spécialement insuffisante: elle se heurte en effet et frontalement à l’article 44 §3 du Traité de PARIS du 10/02/1947 [qui, lui, est pleinement en vigueur pour avoir, lui, bien été enregistré (sous la référence I-747 et par la France elle-même) et donc, lui, avoir su respecter l’article 102 de la Charte des Nations Unies]. 

10. La référence au droit commun de l’article 102 omet évidemment la portée des dispositions spéciales et donc prévalantes en l’espèce, de l’article 44 §2&3. C’est précisément parce que le traité de PARIS a entendu faire peser sur les signataires une obligation particulière qu’une procédure spéciale, formelle et contraignante fut requise, négociée puis acceptée. Il échet de rappeler que c’est précisément par l’effet du Traité de PARIS de 1947 et de son article 44 que plusieurs colonies accédèrent à l’indépendance dont la Libye qui préside en 2010 l’Assemblée Générale et le Secrétariat des Droits de l’Homme !!!

11. L’abrogation telle qu’édictée par l’article 44§3 et encourue par la France en tant qu’organisatrice et signataire principale du Traité de PARIS, englobe la notification (§1) puis l’enregistrement à l’ONU (§2). Il s’agit d’évidence dans la lettre comme dans l’esprit du Traité de 1947 d’un formalisme cumulatif : notification (§1) PUIS enregistrement (§2). C’est ainsi qu’il fut expressément négocié qu’à défaut d’une « telle notification » les traités seraient tenus pour abrogés (§3).

12. A relever : Le silence gêné concernant l’évocation des festivités officielles de commémoration du 150ème anniversaire de l’annexion en 2010 année phare de la décolonisation obligatoire sous l’égide de l’ONU. Le gouvernement est pris en flagrant délit de schizophrénie politique et diplomatique. La France invite pour le 14 juillet 2010 ses anciennes colonies africaines ayant accédé à l’indépendance en 1960 (voir infra le point 14). Leurs troupes ont ainsi défilé avec les chasseurs alpins de la Savoie de retour d’Afghanistan… Cela est cocasse dans le contexte de la question et de cette bien légère réponse officielle française publiée au JO du 16 juin 2010.

13. L’Etat français est manifestement pris au piège de son histoire : il est contraint de continuer de fêter l’évènement de l’annexion comme un simple fait historique, mais il lui sera de plus en plus difficile de crypter sa portée qui est désormais surtout juridique et… inévitablement diplomatique et géopolitique (plusieurs Etats s’apprêtant d’ores et déjà à reconnaître la Savoie).

14. A noter surtout et enfin : le silence total concernant les effets incontournables de la décolonisation obligatoire en 2010 proclamée à plusieurs reprises en séance plénière de l’Assemblée Générale des Nations Unies [Cf notamment les Résolutions prises en Assemblée plénière par l’ONU dés 1960 n°1514 (XV) et en 2000 n°55-146 (ci-jointes pour info en annexes II.5 & II.6)] ; voir aussi et surtout le site ONU rubrique - bureau de la décolonisation : la Savoie ayant été annexée en 1860 par Napoléon III doit d’évidence pouvoir bénéficier d’un traitement décolonisateur sous contrôle onusien, au moins plus rapide que celui de la Nouvelle Calédonie rattachée, elle et à l’époque, sans institutions propres ni statut d’Etat souverain à la France en 1853.

En filigrane et en conclusion : c’est du Droit à l’autodétermination des Peuples et à la souveraineté d’ores et déjà retrouvée de la Savoie (du fait de l’abrogation du traité d’annexion de 1860 par l’effet « plein texte » d’un traité signé à PARIS) dont, en réalité, il s’agit. 
C’est donc à ce problème diplomatique aux incidences géopolitiques majeures et inéluctables auquel la France ainsi que la Présidence de la République doivent à présent faire face et dont il a été admis à mots encore couverts et très maladroits par le Quai d’Orsay, qu’elles se voient « d’ores et déjà » contraintes de le régler « dans les meilleurs délais ».
Annexe II.1 : Traité de Paris du 10 février 1947 (art.44 –>page 16/66) ;
Annexe II.2 : Question de Mr NICOLLIN député de la Loire - version initiale du 06/04/10;
Annexe II.3 : Question de Mr NICOLLIN version du 26/04/10 (changement d’affectation) ;
Annexe II.4 : Traité d’annexion du 24 mars 1860 (copie de version originale manuscrite) ;
Annexe II.5 : Résolution Assemblée plénière ONU 1960 n°1514 (XV) - principe;
Annexe II.6 : Résolution Assemblée plénière ONU 2000 n°55-146 - application.

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02 mars 2010

Traité d'annexion de la Savoie en question


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Un autre regard sur l'annexion de la Savoie: l'annexion vue par les journaux, et par des diplomates suisses, anglais, américains... ICI   

On est bien loin de la version de l'histoire de France officielle...

Le traité d'annexion de la Savoie est-il caduc? la question est posée....                                   

                                                                                                           
Question N° : 76121de M. Yves Nicolin ( Union pour un Mouvement Populaire - Loire )                         Question écrite                      
               
                                               
Ministère interrogé > Intérieur et collectivités territorialesMinistère attributaire > Intérieur et collectivités territoriales

                                Question publiée au JO le : 06/04/2010 page : 3856                                                                        

Texte de la question

                        

M. Yves Nicolin attire l'attention de M. le secrétaire d'État à l'intérieur et aux collectivités territoriales sur les risques juridiques, politiques et institutionnels majeurs qu'entraîne le traité d'annexion de la Savoie. À l'occasion du 150e anniversaire de l'annexion de la Savoie par la France, des cérémonies et diverses festivités et visites officielles sont programmées durant toute l'année 2010 notamment à partir du 24 mars puisque c'est par un traité signé à Turin le 24 mars 1860 que les arrondissements de Nice et la Savoie (les deux départements 73 et 74 actuels) ont été rattachés à la France du second empire. Sa question se pose pour deux raisons juridiques précises : d'abord et avant tout à l'échelle nationale parce que se pose sans doute une question d'intégrité territoriale susceptible en conséquence d'entraîner des effets internes importants. En effet, la question brutale de savoir si ce traité du 24 mars 1860 est bien toujours en vigueur se pose or ce traité est la clef de voute de tout l'édifice juridique et administratif français en Savoie. Le problème est simple : la France a enregistré à l'ONU sous le n° I-747 le traité de paix du 10 février 1947 dont elle est signataire et dépositaire. Ce traité comportait un article 44 faisant obligation à la France de notifier à l'Italie les traités antérieurs suspendus par l'effet des hostilités de la Seconde Guerre mondiale (traités au rang capital desquels se trouvait naturellement le traité de rattachement territorial de la Savoie et Nice de 1860). Cet article 44 comportait un 2e alinéa emportant l'obligation formelle d'enregistrer cette notification et ce traité auprès du secrétariat général de l'ONU, organisation créée deux ans auparavant en 1945. Cet enregistrement n'a pas eu lieu. Le même article 44 prévoyait un alinéa 3 stipulant qu'à défaut, la sanction encourue est l'abrogation (dans le texte : « les traités qui n'auront pas fait l'objet d'une telle notification seront tenus pour abrogés »). Il lui demande si le traité d'annexion de la Savoie du 24 mars 1860 a été ou non enregistré auprès du secrétariat général de l'ONU et, si cela n'est pas le cas, quelles mesures sont prises par le Gouvernement pour traiter les problèmes subséquents au plan juridique interne ? La question se pose également à l'échelon international où elle rebondit sous l'angle de l'obligation de respect par la France des normes de droit international en vigueur et qu'il s'agit, en fait comme en droit, rien moins que de l'image et de la réputation de l'État français dans la communauté internationale. Il n'ignore pas que la charte de l'ONU de 1945, et notamment son article 1er, ainsi que de multiples résolutions adoptées par l'assemblée générale, ont enjoint les États à faire aboutir le processus général de décolonisation qu'avait initié dès 1941 la charte de l'Atlantique. Il se trouve que 2010 marque officiellement la dernière année de la deuxième décennie de la décolonisation onusienne. En 2010 pourtant, la plupart des ministères et des administrations projettent cependant de participer à des événements commémoratifs ou d'organiser des cérémonies officielles en Savoie ou à Nice. Cela apparaît paradoxal si ce traité d'annexion a été caché à l'ONU et qu'il est abrogé par l'effet d'un traité signé à Paris. Si le traité de 1860 est abrogé du fait de son non-enregistrement auprès de l'ONU, un processus de désengagement de la France aboutissant à un référendum local vis-à-vis de la Savoie et de Nice est inéluctable sauf à prendre le risque d'une condamnation de la France par la Cour internationale de justice de La Haye. Il ne s'agirait pas de voir la France internationalement sommée de fournir des explications qu'elle n'aurait pas ou aurait insuffisamment préparées, voire d'essuyer une grave condamnation puisque la zone territoriale concernée couvre deux départements et demi. Au lieu d'apparaître comme subissant une crise dans une affaire juridiquement délicate voire perdue d'avance et doublement aggravée par la découverte de la dissimulation grossière d'un territoire ayant fait l'objet d'une annexion et par des commémorations officielles défiant (au sens étymologique des termes) le droit international, ne pourrait-on imaginer une prise en compte immédiate et en amont de cette question mettant à l'abri la France de l'avalanche de questions juridiques et politiques internes et internationales délicates que ce défaut d'enregistrement risque d'engendrer et que l'annonce de festivités officielles durant toute l'année 2010 risquent de déclencher et d'aggraver encore ? Il souhaite donc connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre pour faire face et anticiper à l'ONU le risque certain de reconnaissance internationale de la Savoie par un ou plusieurs États étrangers ravis de brandir le traité de Paris de 1947 et reconnaître un nouveau micro-état géopolitiquement stratégique et juridiquement détaché de la France sans aucune préparation ni concertation.

Texte de la réponse

                        

L'honorable parlementaire se demande si le traité franco-italien signé à Turin, le 26 mars 1860, qui a rattaché les arrondissements de Nice et de Savoie à la France est toujours en vigueur, compte tenu des dispositions qui figurent dans le traité de paix du 10 février 1947 (art. 44), concernant l'enregistrement auprès du secrétariat général des Nations unies des traités bilatéraux conclus entre la France et l'Italie antérieurement à la Deuxième Guerre mondiale. Le ministère des affaires étrangères et européennes confirme que ce traité est toujours en vigueur. S'il est exact que le traité de Turin du 26 mars 1860 doit être enregistré au secrétariat de l'Organisation des Nations unies en vertu de l'article 44 du traité de Paris du 10 février 1947, l'absence d'un tel enregistrement n'a aucune incidence sur l'existence ou la validité de ce traité. En effet, selon l'article 102 de la charte des Nations unies, l'absence d'enregistrement d'un traité au secrétariat de l'ONU n'emporte qu'une seule conséquence, à savoir l'impossibilité pour les parties à un tel traité de l'invoquer devant un organe de l'organisation. La rédaction de cet article diverge à cet égard sensiblement de celle de l'article 18 du pacte de la Société des nations qui disposait qu'aucun traité ne serait obligatoire avant d'avoir été enregistré. Dans la pratique, la sanction prévue par l'article 102 n'a, d'ailleurs, pas eu l'occasion de jouer bien qu'aient été invoqués à plusieurs reprises, devant la Cour internationale de justice, des traités non enregistrés. Dans son arrêt du 1er juillet 1994 dans l'affaire Qatar/Bahreïn, la Cour internationale de justice a d'ailleurs tenu à souligner que « le défaut d'enregistrement ou l'enregistrement tardif est sans conséquence sur la validité même de l'accord, qui n'en lie pas moins les parties » (Rec. p. 122). L'article 44 du traité de paix signé à Paris, le 10 février 1947, ne prévoit pas de son côté un régime de sanction en cas d'absence d'enregistrement différent de celui de l'article 102 de la charte de l'ONU puisqu'il précise seulement que seront tenus pour abrogés les traités bilatéraux conclus avec l'Italie par chacune des puissances alliées antérieurement à la guerre qui n'auraient pas été notifiés à l'Italie dans un délai de six mois à partir de l'entrée en vigueur de ce traité (17 septembre 1947). En revanche, il ne tire aucune conséquence de l'absence d'enregistrement au secrétariat de l'ONU de tels traités, ce qui renvoie donc au régime de droit commun défini par l'article 102 de la charte. Il convient enfin de relever que le traité de Turin du 26 mars 1860 a été notifié à l'Italie conformément aux stipulations de l'article 44, 1er paragraphe, du traité de Paris du 10 février 1947. La liste des traités notifiés à l'Italie a été publiée au Journal officiel du 14 novembre 1948. Le ministère des affaires étrangères et européennes a néanmoins pris, d'ores et déjà, toutes les dispositions utiles pour que le traité de Turin du 24 mars 1860 soit bien enregistré dans les meilleurs délais auprès du secrétariat de l'Organisation des Nations unies.


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13 février 2010

Patois savoyard et arpitan

Un lien vers Lexilogos où l'on peut trouver beaucoup d'éléments  actuellement  disponibles sur le net à propos du patois savoyard: ICI

Un lien vers le dictionnaire Français/Savoyard de Roger Viret: ICI

Dictionnaire en ligne Freelang: ICI

Un recueil de liens de tout ce que l'on peut trouver sur le net autour de l'arpitan: ICI

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28 novembre 2009

150e anniversaire de l'Annexion de la Savoie à la France.

Question posée au gouvernement sur la validité du traité d'annexion : ICI   On attend la réponse avec impatience!

Annexion, Rattachement, Réunion...  de la Savoie à la France : des mots pour évoquer un événement historique important de l'histoire savoyarde et pourtant bien ignoré du reste de la France. Cependant si les Savoyards aiment la France, bon nombre d'entre-eux se sentent Savoyards avant d'être Français alors leur demander de célébrer l'annexion de leur ancien  pays à la France, il ne faudrait pas exagérer!

Une étude complète, destinée aux enseignants, par les archives départementales de la Savoie sur le rattachement : ICI

Un autre regard sur l'annexion de la Savoie: l'annexion vue par les journaux, et par des diplomates suisses, anglais, américains... ICI   

Un témoignage du correspondant du Times à Genève sur le déroulement très napoléonien du "suffrage" .

The Times, April 28, 1860, Universal Suffrage In Savoy

Genève, 23 avril 1860

(...) Après le repas, nous eûmes la visite d’un des derniers partisans de la Suisse qui confirma tous ce que le petit boutiquier nous avait dit à propos des pressions. Les lettres et les affiches avaient été interrompues ; aucune proclamation du parti opposée n’était possible, car des hommes avaient été payés d’avance pour empêcher leur collage ou les déchirer. La lutte étant sans espoir, même les plus ardent partisans de la Suisse s’étaient démoralisés et constamment on recevait des nouvelles d’autres défections. Presque que tous les candidats du parti Libéral au Parlement avaient voté, et ce n’était plus que dans les villages et fermes isolés que l’opposition continuait. Cinq Syndics avaient été destitués un jour plus tôt, à Frangy, Chablais, Savigny, et deux autres endroits, et leurs postes avaient été donnés à des hommes dévoués à la France. Les agressions étaient courantes, et alors qu’il venait nous voir notre ami avait une suite de gamins qui criaient “à bas la Suisse.”

Nous en avions tous assez, et la voiture étant prête, nous serrâmes la main du “derniers des Mohicans” et partîmes. Le temps s’éclaircit de nouveau, gaiement et satisfait de notre tour, notre voyage de retour commença et c’était avec un inévitable sentiment de soulagement que nous traversâmes la frontière de la Confédération Helvétique.

 

Je vous laisse tirer vous-même les conclusions de ce voyage, qui montre clairement ce que le vote était dans cette partie de la Savoie. Le vote était la plus amères des ironies faites aux suffrages populaire. Les urnes étaient aux mains des mêmes autorités qui avaient issue les proclamations. Les contrôles étaient impossibles. Même les voyageurs étaient suspectés et harcelés de crainte qu’ils mettent le nez dans l’affaire. Toute opposition étaient réprimée par des intimidations et toute liberté d’action supprimée. On ne peut vraiment pas reprocher à l’opposition d’avoir renoncé, les forces utilisées contre elle étaient trop grandes. Quant aux résultats du vote, nous n’avons aucun souci à nous faire, ce sera tout simplement aussi brillant qu’à Nice. Le seul danger à redouter est que les autorités savoyardes dans leur zèle fassent comme les Français dans le vote de 1852, et trouvent avec surprise plus de votes que de gens inscrits sur les listes.

Une synthèse approfondie des rapports de la Savoie et de la France: ICI

Pour les personnes intéressées par les commémorations,  elles trouveront  leur bonheur sur le site : http://www.150ans-paysdesavoie.fr/ 

  • Pour  faire simple un petit résumé en quelques dates des rapports de la France et de la Savoie.
1030: Humbert aux Blanches Mains comte de Maurienne reçoit la partie du comté du Viennois qu'il appellera la Savoie;
1416: le Comte de Savoie Amédée VIII devient duc de Savoie. Chambéry en est la capitale. Il devient Pape sous le nom de Félix V

image

Au cours du règne d'Amédée VIII  les Etats de Savoie s'étendent   du Léman à la Méditerranée de chaque côté des Alpes.

 

 image  Amédée VIII le Pacifique

 

 

1536: Les troupes de François Ier  occupent la Savoie.
1539: L'édit Royal de Villers-Cotterets est appliqué en Savoie. (Emploi du français dans les textes administratifs et judiciaires). Il est bon de rappeler que la mère de François Ier était:  Louise de Savoie fille de Philippe, duc de Savoie .

1562: Le duc de Savoie Emmanuel-Philibert choisit Turin comme capitale afin de mettre sa capitale de l'autre côté des Alpes donc à l'abri des convoitises françaises.

1600: Henri IV entre en Savoie. Charles Emmanuel Ier cède à la France la Bresse, le Bugey...
1691: Les troupes de Loius XIV occupent la Savoie.
1713: le duc de Savoie Victor-Amédée II est promu roi de Sicile. et en 1718, il devient roi de Sardaigne.
1792: Les troupes françaises révolutionnaires entrent en Savoie, la Savoie devient le département du Mont-Blanc.
1815: La Savoie est rendue au roi de Sardaigne .
  • Le roi de Piémont Sardaine Victor-Emmanuel II se donne comme but de libérer les terres italiennes de la domination autrichienne et sollicite l'aide de la France. 
21 juillet 1858 : Entrevue secrète entre Napoléon III, et Cavour, président du Conseil du Royaume de Sardaigne, à Plombières (Vosges).

29 janvier 1859 : Signature du traité d’alliance entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne qui prévoit la création d’un royaume de Haute-Italie et la cession, en compensation, du comté de Nice et de la Savoie à la France.

3 mai 1859: La France déclare la guerre à l'Autriche. .

  juin 1859: Les alliés franco-sardes emportent les batailles de Magentaet de Solferino.

8 et 12 juillet 1859: Inquiet d’un enlisement du conflit, Napoléon III signe avec l’Autriche l´armistice de Villafranca le 8, puis un traité le 12.

24 mars 1860: Signature du traité de Turin qui prévoit le rattachement de la Savoie et de Nice à la France.
22-23 avril 1860: Déroulement du plébiscite. À la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France », le suffrage universel masculin sur 135 449 inscrits donne 71 bulletins nuls, 235 non et 130 533 oui .

Sources: Découvrir l'Histoire de la Savoie du Centre de culture savoyarde

et le site: http://www.150ans-paysdesavoie.fr/

  • Pendant près de 900 ans la Maison de Savoie  a été à la tête d'un Etat souverain qui a su être moderne:
-  au Moyen-Age: mise en place d'un système administratif de gestion des châtellenies ,
- au XVIIIème siècle: les propriétés sont cadastrées sur  la "Mappe" (le plus ancien cadastre d'Europe),
- rachat des droits féodaux sans étape révolutionnaire.
L'histoire régnante de la Maison de Savoie s'est achevée en Italie en 1946 de manière peu glorieuse suite à sa compromission  avec Mussolini.
  • D'un point de vue plus humain le sentiment d'être "Savoyard" perdure dans la population savoyarde "de souche" mais les importants brassages de populations de ces dernières décennies font que le particularisme culturel savoyard tend à s'estomper. Il appartient à tous les Savoyards de s'approprier l'histoire de leur région et de faire vivre ce qui reste de leur culture.


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27 janvier 2009

Prononciation des noms savoyards

Un petit article d'Henri Denarié sur le sujet,  publié dans la Voix des Allobroges (n°13), à titre posthume.

Et aussi un article du Dauphiné : ICI

Berlioz ne rime pas avec myxomatose

La Savoie a une histoire, mais elle a aussi une orthographe particulière. Pour éviter les fautes de prononciation, Henri rappelle les bases de la graphie savoisienne dans une ultime chronique.

En Savoie, de nombreux noms de lieux ou de famille se terminent en oz, az, ex ou uz. Mais ces graphies typiques provoquent de multiples erreurs de prononciation. Il n’est pas rare d’entendre prononcer le z final avec un accent tonique sur la dernière syllabe. Ainsi, Berlioz sera prononcé Berliose, comme myxomatose. Et certains porteurs de noms en oz ou en az vous affirmeront, sans rire, qu’ils sont d’origine espagnole. L’origine de l’orthographe savoisienne est pourtant bien connue des philologues, mais il est navrant de constater à quel point le public l’ignore. C’en est à croire que la graphie de Savoie sent le fagot, a quelque chose de suspect, de saugrenu. Notre orthographe fait cependant partie de notre patrimoine. Elle mérite donc notre respect et celui des gens qui admettent le droit à la différence.
Si son utilisation fut généralisée par Pierre II, dit le Petit Charlemagne, qui régna sur la Savoie de 1262 à 1268, cette orthographe n’est pas née de la fantaisie d’un comte, mais du souci qu’avaient les scribes de distinguer la prononciation du patois de celle du latin. Dès le IXè siècle, des clercs eurent l’idée d’utiliser des consonnes « inutiles » de l’alphabet latin (x et z) pour signaler une prononciation indigène différente de la prononciation latine. Ce procédé d’adjonction de consonnes pour modifier le son latin est d’ailleurs utilisé dans presque toutes les langues romanes. Mais nos clercs l’ont fait à leur manière. Nos terminaisons en z ou en x sont donc purement conventionnelles. Et pas plus bizarre que le z de chez ou le x de chevaux en français.
Rappelons quelques règles simples. Le x final ne se prononce pas. Ainsi, Fernex se prononce Ferney. Le z final ne se prononce pas non plus et indique que la voyelle terminale, atone, se prononce presque comme un e muet, mais en marquant légèrement le son a, o ou u. Mermoz se prononce donc Merme, en marquant très légèrement le o. Lorsque le z final suit un groupe de voyelles tel io ou ia (Marlioz, Verniaz…), ce groupe de voyelles doit être presque atone et mouillé, comme en français le n précédé d’un g est mouillé dans le mot Bretagne. Orthographié façon Savoie, il s’écrirait Bretaniaz. Ce système permet de mouiller toutes les consonnes, ce que ne permet pas le français. Un dernier exemple avec Jorioz, qui se prononce Jo-R-Ye avec accentuation sur le Jor. Et on voit là que notre graphie peut être intraduisible en français car, si l’on remplace ioz par ie, cela donne Jorie (prononcer Jory), ce qui n’est pas du tout la même chose.
Alors de grâce, que ceux qui ont la chance de porter des patronymes bien de chez nous, tel Anthonioz, Neplaz ou Contoz, rappellent à leurs interlocuteurs que cela se prononce Antogne, Nèple ou Conte, et pas Entoniose, Naiplase ou Contose. Le respect de notre Savoie passe par le respect de son orthographe.

Henri Denarié

Tout est dit il n'y a plus qu'à...

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